Yves-du-Manoir dans la peau

Ah, le stade Yves-du-Manoir de Colombes… Je n’ai pas eu la chance de connaître son lustre d’antan – sur lequel je m’attarderai dans un prochain article – mais j’en ai foulé les pistes un nombre incalculable de fois.

Vétuste, désuet, d’un autre temps, je l’ai connu au plus bas : la tribune nouvelle n’existait pas, le Racing avait depuis trop longtemps abandonné l’élite et le club végétait en Fédérale 1, faute de budget pour accéder à l’échelon supérieur. A vrai dire, à cette époque, le stade est plus utilisé pour l’athlétisme que pour le rugby et même les collègues et lycées alentours se rendent dans son antre pour les cours d’éducation physique.

Les jours de matchs, seuls quelques dizaines de spectateurs se dispersent sur les sièges de la tribune historique pour encourager l’équipe dont seules les couleurs ciel et blanches maintenaient en vie les souvenirs d’un lointain passé.

Pourtant, c’est là que tout a commencé pour moi. Nous sommes en 2002 et après m’être essayé à plusieurs sports – judo, natation, football – je décide de suivre les pas de mes deux grands frères et de mon père avant eux en m’inscrivant à l’école de rugby du Racing Club de France (on ne va pas se mentir, à cet âge la présence de mon meilleur ami au club y a beaucoup contribué).

C’est une révélation: plutôt frêle à cet époque, je prends énormément de plaisir à défier des gabarits plus grands, plus rapides, plus puissant et à les faire tomber. Si je pêche dans mon apport offensif, je me jette sur tout ce qui bouge – ou du moins j’essaye – et bien que peu bavard je suis rapidement intégré dans le groupe.

J’y apprends pendant 3 saisons les rivalités historiques : le Stade Français bien sûr, Massy mais surtout et par dessus tout le PUC (Paris Université Club) et son maillot mauve que j’exècre ! On m’inculque également les valeurs propres à ce sport: le respect, le partage, le don de soi et le fair-play.

Et puis enfin ces couleurs – les mêmes que l’Olympique de Marseille mon autre club de cœur – ce maillot, l’odeur du couloir d’a peine 2 mètres de haut qui mène au vestiaire et le vieux Saïd qui veille au grain pour qu’aucun crampon ne vienne souiller son territoire, envoyant des gamins de 10 ans aux robinets d’eau froide en plein hiver.

C’est toutes ces raisons qui m’ont poussées 6 ans plus tard à m’abonner lors de la remontée du club en Top 14 puis l’association Génération Yves-Du-Manoir avant enfin d’envisager la création de ce blog. Aussi, je fais partie des irréductibles nostalgiques de notre bonne vieille carcasse plutôt que de la « salle de spectacle » de Nanterre dixit Jacky Lorenzetti.